Maroc

Le Maroc est un état situé au nord-ouest du continent africain dont la capitale est Rabat. La forme politique de l’État est la monarchie constitutionnelle parlementaire unitaire régionalisée. Actuellement, Mohammed VI est le monarque en place. Cet État est divisé en dix-sept régions administratives. En 2013, la population s’élève à 33,01 millions d’habitants. Ce pays présente une situation linguistique complexe. On y retrouve les langues suivantes : l’arabe, le berbère aussi appelé l’amazighe, le français, l’anglais et l’espagnol. Cependant, les langues officielles sont l’arabe et l’amazighe.

Bref survol historique

Il est important de souligner que l’Histoire de ce pays a influencé la diversité linguistique. Remontons au XIe siècle, où le pays a été dominé par une dynastie berbère, et ce, jusqu’au XVIe siècle. Au cours de cette période, trois familles se succèdent au pouvoir. Toutefois, à la fin du 13e siècle, la troisième famille berbère n’arrive plus à garder son trône et elle tombe, laissant le Portugal et l’Espagne s’emparer du territoire marocain.

Du XVIe au XVIIe siècle, règne la dynastie des chérifiennes. Au cours de celle-ci, Moulay Ismaïl, un monarque marocain, procède à la reconquête du territoire conquis par les Espagnols et les Portugais.

De 1830, les Français pénètrent le territoire Algérien. Par la suite, entre 1900 et 1903, ils occupent une partie du territoire marocain. En 1904, la France, l’Espagne et la Grande-Bretagne signent une entente qui prévoit le partage du Maroc. En 1906, le Maroc est placé sous tutelle européenne.

Après la Deuxième Guerre mondiale, pendant laquelle des marocains se sont battus sous le drapeau français, le désir d’indépendance se fait de plus en plus ressentir, ceci est d’ailleurs expliqué par la défaite française. Le 3 mars 1956, le Maroc obtient son indépendance.

En 1962, le roi Hassan II au pouvoir élabore la nouvelle constitution du Maroc indépendant. Il instaure une politique d’arabisation en ce qui a trait à la langue. Face à cette politique, on retrouve des manifestations causées en partie par la réémergence de l’arabe marocain et de la langue berbère.

En 1982, un groupe de berbères intellectuels proclame dans une revue qu’il crée que la langue berbère a le même statut que l’arabe. De ce fait, ils se font tous emprisonner pendant un mois à l’exception de l’auteur de l’article qui reste un an en prison. Ce dernier a refusé de demander pardon au roi Hassan. En 1991, six associations ont travaillé de concert et ont rédigé une ébauche d’unification; la « charte amazighe ». Celle-ci a pour but de fusionner le mouvement de défense de la langue berbère, car celui-ci est très fragmenté. Par la suite, les associations amazighes gagnent en importance, et le Conseil de coordination des associations amazighes au Maroc est entre autres créé. Il faut attendre l’été 2001 et le règne du roi Mohamed VI pour assister à la mise en œuvre de l’Institut National pour les études berbères. Celui-ci a pour dessein la préparation et l’intégration de l’amazighe dans l’enseignement public marocain. Cet organisme avait été voté en 1978, mais n’avait jamais encore vu le jour.

En 2011, on assiste à une réforme constitutionnelle, de celle-ci découle, l’article 5 de la Constitution marocaine de 2011 qui édicte des droits linguistiques, il est articulé comme-ci :

« 1) L’arabe demeure la langue officielle de l’État. L’État œuvre à la protection et au développement de la langue arabe, ainsi qu’à la promotion de son utilisation. De même, l’amazighe constitue une langue officielle de l’État, en tant que patrimoine commun à tous les marocains sans exception.

2) Une loi organique définit le processus de mise en œuvre du caractère officiel de cette langue, ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et aux domaines prioritaires de la vie publique, et ce afin de lui permettre de remplir à terme sa fonction de langue officielle.

3) L’État œuvre à la préservation du Hassani, en tant que partie intégrante de l’identité culturelle marocaine unie, ainsi qu’à la protection des expressions culturelles et des parlers pratiqués au Maroc. De même, il veille à la cohérence de la politique linguistique et culturelle nationale et à l’apprentissage et la maîtrise des langues étrangères les plus utilisées dans le monde, en tant qu’outils de communication, d’intégration et d’interaction avec la société du savoir, et d’ouverture sur les différentes cultures et sur les civilisations contemporaines.

4) Il est créé un Conseil national des langues et de la culture marocaine, chargé notamment de la protection et du développement des langues arabe et amazighe et des diverses expressions culturelles marocaines, qui constituent un patrimoine authentique et une source d’inspiration contemporaine. Il regroupe l’ensemble des institutions concernées par ces domaines. Une loi organique en détermine les attributions, la composition et les modalités de fonctionnement. »

L’arabe classique

L’arabe classique est la langue la plus utilisée avec près des deux tiers de la population. Ceci peut être en partie expliqué par l’usage de cette langue par la religion dominante, c’est-à-dire l’Islam. Cette langue est consacrée dans le paragraphe 1 de l’article 5 de la Constitution de 2011.

L’amazighe ou langue berbère

La langue berbère est également parlée par environ 40% de la population. Celle-ci est divisée en trois dialectes : le rifain, le tachelhit et le tamazight. Les berbérophones se retrouvent dans le haut et le moyen Atlas, au nord et dans le littoral du sud. Depuis la Constitution marocaine de 2011, l’amazighe est consacrée comme langue officielle, ceci est stipulé dans la deuxième partie de l’article 5. Toutefois, il existe une différence de classification entre l’arabe et l’amazighe. L’arabe a un statut d’officialisation différent de l’amazighe et ceci transparait à travers la formulation de l’article 5; on observe que l’arabe est plus officiel. Le paragraphe 2 de l’article 5 prévoit un moyen pour établir le caractère officiel de l’amazighe. Toutefois, cet outil n’a pas encore été mis en place. Finalement, le point 4 de l’article 5 met en place un Conseil national des langues et de la culture marocaine, celui-ci est responsable de la protection et du développement de la langue. Cependant, cet organe n’a pas encore été créé. La situation linguistique expliquée ci-dessus est génératrice de tensions, puisque les institutions censées protéger l’amazighe ne sont pas mises en place.

Les autres langues

À ce qui a trait aux autres langues, le français est parlé par une importante partie des citoyens et dans les milieux les plus éduqués. L’espagnol est encore un peu utilisé par la population plus âgée du nord du pays. L’anglais, quant à elle, s’est imposé comme langue étrangère utile pour le commerce, environ 14% de la population parle cette langue.

 

 

 

Ce contenu a été mis à jour le 13 juillet 2016 à 12 h 52 min.